En Conseil extraordinaire des ministres, le gouvernement béninois a mis fin à la pratique de fixation du prix plancher de certains produits agricoles, notamment le soja, le cajou et le karité. Du 22 au 24 décembre 2022, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche et sa collègue de l’Industrie et du Commerce ont effectué une tournée de sensibilisation des producteurs agricoles, commerçants de produits agricoles, transformateurs de produits agricoles, à Aplahoué, Djidja, Kétou, Savè, Djougou et Ndali.

Permettre aux producteurs de vendre librement leurs récoltes au mieux de leurs intérêts, et en fonction de l’évolution du marché. C’est l’objectif visé par le gouvernement en mettant fin à la pratique de fixation du prix plancher de cession des produits agricoles concernés (soja, karité, cajou). La décision a été prise au regard des incompréhensions, des plaintes enregistrées et de la confusion entre prix plancher et prix de cession homologué. « L’État n’a jamais fixé le prix plancher. Il homologue le prix proposé par les acteurs, tout en tenant compte de l’intérêt du producteur. Le prix d’achat des produits agricoles n’est jamais stable sur le marché. Mais cette année, contre toute attente, ce qui a été toujours fait, pose problème. Nous avons compris. C’est à cause des élections. On intoxique », a affirmé la ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche,

Certes, le Chef de l’État a décidé de mettre fin à la pratique de fixation du prix plancher, mais le gouvernement ne va pas abandonner « les producteurs à leur sort, aux mains des commerçants véreux ». Pour le ministre Gaston Dossouhoui, « il revient aux organisations paysannes de s’organiser, de se battre pour que le marché soit auto-régulé pour vendre au meilleur prix ».

« En réalité, les commerçants véreux ne veulent pas payer les redevances avec lesquelles le gouvernement subventionne les intrants, les engins agricoles, les semences, les herbicides au profit des producteurs. Ces commerçants véreux veulent faire payer ces taxes par les producteurs. Pourtant, ce sont ces commerçants véreux qui font de gros bénéfices sur le dos des producteurs sur les marchés internationaux », dénonce-t-il

Notre intérêt commun avec vous, producteurs, informe Gaston Dossouhoui, c’est de travailler pour que nos productions agricoles restent au Bénin pour être transformées et créer de la richesse, ou passer par le port pour générer des taxes pour des actions sociales.

Selon la ministre de l’Industrie et du Commerce, le Bénin ne gagne rien sur le produit agricole brut exporté. « La transformation sur place de nos produits crée de la richesse et des emplois », a déclaré Alimatou Assouman. En ce qui concerne le soja, elle annonce que la zone industrielle de Glo-Djigbé, veut transformer 110.000 tonnes sur les 400.000 tonnes produites cette année. « Le gap, il faut pouvoir organiser son exportation, mais au profit des producteurs et aussi permettre à l’État d’avoir des ressources pour, entre autres, subventionner les intrants et semences agricoles. Ne soyez pas acteurs de la mauvaise foi ; ne soyez pas vecteurs de la polémique sur le prix plancher. Le marché obéit à la loi de l’offre et de la demande », a ajouté la ministre de l’Industrie et du Commerce.

Akpédjé Ayosso

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