Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita a affirmé que les gesticulations et agitations de l’Afrique du Sud autour du Sahara marocain reflètent son incapacité à agir sur le dossier. C’était lors d’un point de presse ce jeudi 20 octobre 2022 au terme d’un entretien avec son homologue belge Mme Hadja Lahbib.

Le chef de la diplomatie marocaine a été interrogé sur l’accueil accordé par le président sud-africain Cyril Ramaphosa au chef de la milice du polisario. « Qu’un torchon ou un tapis rouge ait été dressé n’altère en rien le dossier mais exprime plutôt l’incapacité à influer », a déclaré Nasser Bourita rapporté par l’agence marocaine de presse (MAP). Le ministre a souligné que « tous les développements qu’a connu le dossier, l’Afrique du Sud se retrouve du mauvais côté de l’histoire » à un moment où il faut une solution dans le cadre de l’ONU.

« Une solution basée sur la légitimité internationale, et qui distingue un Etat d’une milice, un drapeau d’un torchon, c’est ce que les gens attendent d’un pays crédible », a relevé M. Bourita. A l’en croire, « le Maroc continuera à défendre ses intérêts, et à user de tous les moyens en sa possession ». Le ministre a souligné que le comportement de Pretoria sur la question du Sahara marocain « nuit aux relations bilatérales et à tout ce qui a été construit, notamment dans les milieux économiques ».
« Une entreprise sud-africaine ne peut gagner de l’argent au Maroc en restant les bras croisés face aux agissements de son gouvernement », a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a rappelé le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du 20 août. Le Souverain avait affirmé que « le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international ».
« Le Maroc n’est pas surpris par ce qui se produit (par Pretoria, ndlr) ; c’est quelque chose à laquelle on s’est habitué, et qui n’a aucun effet », a indiqué le ministre. Nasser Bourita a aussi souligné que « tout ce que l’Afrique du Sud a semé par le passé, elle le récoltera à l’avenir, à savoir qu’il n’y aura aucun impact sur le dossier, son évolution et la direction qu’il prend ».
L’Afrique du Sud, poursuit le ministre, a reconnu l’entité fantoche en 2005.

Depuis 2005, 20 pays ont retiré leur reconnaissance, 10 en Afrique, dont 7 dans le voisinage de Pretoria. « Rien n’a changé » bien que l’Afrique du Sud ait rejoint le Conseil de sécurité trois fois depuis 2005 (en 2007, 2011 et 2019), a soutenu le ministre. « L’Afrique du Sud constate que la moitié du continent africain, 23 pays, ont ouvert des consulats dans les provinces du Sud, dont plusieurs pays issus de son voisinage direct et de sa région », a rappelé SEM. Bourita.
90 pays dont la Belgique et près de 10 autres pays européens ont aussi exprimé une position positive par rapport au plan d’autonomie que le Maroc a présenté en 2007. « De ces 90 pays, 30 sont des pays africains qui adoptent la même attitude positive », a indiqué le ministre.
Le chef de la diplomatie marocaine s’est également félicité de l’approche constructive adoptée par l’Union Africaine au sujet du Sahara.

A.Ayosso

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