La phase de groupe de la 33ème édition de la CAN s’est achevée ce jeudi 20 janvier 2022 après 36 matchs disputés entre les 24 équipes qui prennent part à cette messe sportive continentale. A l’issu de trois journées de compétition, le premier tour livre son verdict. De la surprenante élimination des cadors à l’instar de l’Algérie et du Ghana, à la qualification historique des petits poucets tels les Comores ou la Gambie en passant par les faits insolites comme le ballon dégonflé en plein match, l’hymne national manqué de la Mauritanie ou encore la fin de match prématurée ; les fortunes sont diverses. Les exclusivités ne manquent pas à ce bilan d’un premier tour à la saveur bien particulière

Ubrick François QUENUM

Phase de poule de la 33ème édition : Une histoire de pénaltys ?

Pour l’affiche inaugurale de cette édition qui a opposé les Lions indomptables du Cameroun aux Etalons du Burkina-Faso, deux pénaltys tous transformés par Vincent Aboubakar permettent aux hôtes de mener à la pause. Un peu plus tôt, Gustave Sangaré a marqué le premier but de la CAN 2021 à la 24ème. La deuxième partie sera stérile et le match se solde sur le score de (2#1).
Et au lendemain de ce match d’ouverture dont l’issue a été déterminée par une histoire de pénaltys, c’est une équipe sénégalaise qui peine à retrouver ses marques qui est arrivée à bout des valeureux « guerriers » zimbabwéens au bout du temps à la 94ème sur un pénalty assuré par le « Red sénégalais ». Ce but ultime de Sadio Mané, permet aux Lions de la Téranga de tenir leur première victoire dans cette CAN (1#0).
N‘arriveront-ils pas à scorer sur pénalty ? Les Aigles de Carthage ou la malédiction des pénaltys. Pour ce premier tour, la Tunisie a manqué 03 pénaltys en trois matchs. L’exercice ne réussit pas toujours aux tunisiens ! Lors de la 3e journée des matchs de poule, Jaziri loupe son pénalty face à la Gambie archi-dominée. Les tunisiens le payeront très cher car à la 93ème sur une frappe splendide Jallow offre la victoire aux Scorpions. Déjà dans le duel des rapaces au sommet du groupe F, Wahbi Khazri a buté sur le gardien des Aigles du Mali Ibrahim Mounkoro à la 77ème. Lors de leur victoire écrasante contre la Mauritanie (4#0), la Tunisie aurait pu même inscrire le 5e but si Msakni n’avait pas trop croisé son pénalty qui finit sur le poteau de Diop.
Au moment où 03 différents joueurs tunisiens (Jaziri, Khazri et Msakni) loupent chacun leur pénalty, le géant attaquant malien de Sarpsborg en Norvège, Ibrahima Koné en a déjà inscrit 03. Celui qu’on surnomme le « Lukaku du Mali » s’est montré particulièrement adroit dans l’exercice. Il a inscrit 01 pénalty dans chacun des trois matchs qu’il a disputés avec les Aigles. Autant dire qu’à la maladresse des aigles carthaginois, répond la dextérité du géant aigle malien.
Le Pelé bissau-guinéen a aussi raté son penalty ! Lors du match de la 1ère journée du groupe D, les Djurtus (Lycaons) de la Guinée-Bissau auraient pu empocher le gain du match si, Judilson Tuncara alias « Pelé » n’avait pas manqué son penlaty dans les dix dernières minutes du jeu face aux Crocodiles du Nil du Soudan. Les deux formations se sont neutralisées (0#0).
Tous les deux buts marqués lors de la rencontre Mali # Gambie, l’ont été sur pénalty. On était au stade de Limbé, dans le cadre de la 2e journée du groupe F. Chacune des équipes a converti un penalty pour obtenir un point. Ibrahima Koné pour le Mali (73′) et Barrow au bénéfice de la Gambie (86′).

Y avoir une mauvaise surprise dans cette CAN ! Tout pouvait encore changer pour les Fennecs algériens si Riyad Mahrez, l’attaquant de Manchester City, arrivait à marquer son pénalty à l’heure de jeu. Le gardien ivoirien Badra Sangaré est pris à contre-pied, mais le ballon heurte le poteau. Le monde s’effondre sous les pieds des tenants du titre.

Sans ce penalty accordé puis refusé aux malawites, le Sénégal et la Guinée ne seraient pas qualifiés sans gagner. On était à la 74ème minute du match Sénégal # Malawi. L’arbitre siffle un penalty pour une faute du virevoltant latéral Bouna Sarr. Mais après vérification de la VAR, celui-ci est finalement revenu sur sa décision. Le Sénégal termine à la première place du groupe B après un nul décevant face au modeste Malawi. Dans l’autre match du groupe la Guinée a pris la deuxième place qualificative malgré sa défaite (2#1) contre le Zimbabwe.

Le show des Sangaré

Durant ce premier tour, un patronyme aura particulièrement marqué : « Sangaré ». Ils sont au nombre de trois et se sont illustrés différemment.
Le burkinabé Gustave Sangaré entrera dans les annales d’histoire de la CAN, comme le premier buteur de la 33e édition qui s’est déroulée au Cameroun. Devant des milliers de spectateurs camerounais venus supporter les Lions indomptables, c’est lui qui a eu outrecuidance de refroidir leur ardeur pendant une quinzaine de minutes (de la 24e à la 40e minute) avant que le Cameroun n’égalise.
Ibrahim Sangaré, c’est le milieu de terrain ivoirien du PSV Eindhoven qui porta l’estocade à l’Algérie en inscrivant le deuxième but de la rencontre (39′).
Et enfin, Badra Ali Sangaré, le plus en vue des trois. Le gardien ivoirien qui s’est illustré par une bourde historique au point de susciter l’incompréhension de son entraîneur. “Je ne comprends pas » : s’est exclamé le coach Beaumelle sidéré par le spectacle ahurissant auquel il a assisté. Alors que les Eléphants tenaient déjà la victoire, il est l’auteur d’une improbable bourde qui permet à la Sierra-Léone d’égaliser dans le « money time » (93′). Dans la même soirée, la triste nouvelle du décès de son père est tombée. Très courageux, il réalisera un match épique face l’Algérie en effectuant des arrêts spectaculaires.

Baptême de feu pour l’arbitrage féminin

Pour la première fois dans l’histoire du football africain, une femme est l’arbitre centrale lors d’une CAN. C’est la rwandaise Salima Rhadia Mukansanga qui a eu l’honneur de siffler le match Zimbabwe-Guinée. Agée de 35 ans, elle avait déjà été la première femme quatrième arbitre d’un match de la CAN une semaine auparavant. Elle a été à cette occasion secondée par trois autres femmes comme assistantes et VAR. Il s’agit de la camerounaise Carine Atemzabong et la Marocaine Fatiha Jermoumi. A l’arbitrage vidéo, c’est une autre marocaine répondant au nom de Bouchra Karboubi.

Pénurie de but lors la première journée .

La première journée de la phase de groupe a été d’une extrême pauvreté en but. Hormis le match d’ouverture où les aficionados ont eu droit à trois buts (2#1), sur une victoire du Cameroun face au Burkina-Faso, pas plus d’un but dans les autres rencontres ! Un fait assez rare pour qu’on ne s’y attarde pas. Des équipes encore timorées par l’enjeu (début de la compétition), des attaquants en panne d’inspiration et des défenses trop costaudes qui ne concèdent que peu d’occasions. Résultat de tout ceci, une pénurie de but. En somme, 12 buts inscrits en 12 matchs soit une moyenne d’un but par match. 9 matchs sur 12 se sont soldés par un score de (1#0).

Des stades à moitié plein
La grande messe du football n’aura pas connu l’affluence tant espérée. Mis à part les matchs des Lions Indomptables où le stade est littéralement pris d’assaut, les autres rencontres ne bénéficient que d’un maigre public éparpillé dans des gradins clairsemés. Le Cameroun n’est pas une particularité, puisque que ce phénomène est récurrent en Afrique. Le Covid vient se rajouter à une situation naguère peu reluisante. En effet, la réticence aux vaccins et aux tests PCR négatifs, imposés par les organisateurs du tournoi pour avoir accès aux stades, semblent être une raison supplémentaire. En outre, le prix des tickets lors de cette CAN serait quatre fois plus cher que les montants ordinairement appliqués dans le pays. Enfin, les horaires des matchs sont aussi mis en cause. A propos, le gouvernement a mis en œuvre des mesures d’exception pour libérer plus tôt fonctionnaires et apprenants.

Les insolites : fin de match précoce, hymne national manqué et ballon dégonflé !

Une fin de match précoce ! Une scène ubuesque dans une compétition aussi importante que la CAN. Ce 12 janvier 2022, les deux favoris de la poule F s’affrontaient dans une rencontre au sommet du groupe. Alors que le Mali menait (1#0) face à la Tunisie, Sikazwe, l’arbitre zambien de la partie siffle la fin du match une première fois à la 85ème minute. Après une vive protestation des tunisiens qui couraient derrière le score, le match repris. Mais, une seconde fois, le juge central mettra un terme à la rencontre alors qu’il restait quelques secondes avant les 90 minutes règlementaires sans compter les arrêts de jeu. La CAF expliquera plus tard, qu’il a été victime d’insolation !

Quelques temps après la fin du match prématurée, un imbroglio d’une autre époque a marqué la rencontre entre la Mauritanie et la Gambie qui se déroulait sur le même stade. En effet, l’hymne national de la Mauritanie n’a pas été diffusé. Les organisateurs ont diffusé à trois reprises l’ancien hymne de la République Islamique de Mauritanie. Il a été en vigueur de 1960 à 2017. Depuis 5 ans environ, il est donc obsolète. Mais de toute vraisemblance, l’organisation n’a pas mis à jour son répertoire d’hymnes. Elle s’est confondue en excuses avant de finir par se résigner à ne plus jouer la vieille mélodie.

Aussi étrange que cela puisse paraitre, le match ayant opposé les Supers Eagles du Nigéria et les Pharaons d’Egypte le mardi le 11 janvier dernier dans le groupe D, a été arrêté à deux reprises pour un fait vraiment insolite. A la 16ème minute, le jeu a été interrompu pour cause de ballon mal gonflé ou dégonflé. A la 25ème minute un nouvel arrêt pour la même raison.

Les Super Eagles intraitables
Le Nigéria est incontestablement l’équipe la plus impressionnante de cette phase de poule. Avec trois matchs et trois victoires, les Super Eagles ont fait le carton plein en prenant 9 points sur 9 possibles. Avec la fluidité d’un jeu incisif et une équipe emmenée par Iwobi et Moses Simon, le Nigeria est la seule nation de cette CAN à réaliser un parcours parfait pour ce premier tour. Même les absences de Victor Osimhen et de Dennis n’affectent en rien la performance du triple vainqueur de la compétition reine du football continental. Neuf ans après leur dernier sacre, les nigérians sont de sérieux prétendants à la victoire finale.

Les lions indomptables assurent, Vincent Aboubakar performe
Quintuple vainqueur de la CAN, avec une dernière victoire ne remontant qu’en 2017, le Cameroun pays organisateur de cette 33e édition est le super favori. Avec deux victoires et un nul, les poulains du portugais Toni Conceiçao auront à cœur de ravir leur public. Sur les 07 buts marqués par l’équipe, le capitaine en la personne de Vincent Aboubakar réclame la paternité de 05. Avec ce ratio de 1,66 but par match, l’ancien valenciennois a déjà égalé le record camerounais de buts sur une édition, détenu par la légende Samuel Eto’o.

Deux flops inimaginables : la désillusion algérienne et la déception ghanéenne

Deux grandes nations du football africain qui sont dernières de leur groupe respectif avec seulement un petit point dans la gibecière.
« 1, 2, 3… », pour reprendre le slogan des supporteurs des Fennecs, qui par ce décompte exhortent les leurs à aller cueillir un 3ème graal d’envergure continentale après les victoires à la CAN 2019 et la COUPE ARABE en 2021. Grandissime favorite, l’Algérie se présente avec des statistiques éloquentes. 35 matchs sans défaite toutes compétitions confondues. Le record d’invincibilité de l’Italie était à portée de main. Accrochée par la très modeste Sierra Léone d’entrée de jeu, l’Algérie sera battue par le « Nzalang Nacional » et humiliée par la Côte d’Ivoire. L’histoire se répète. Comme au Sénégal en 1992, l’Algérie tenante du titre ne passera pas le cap des phases de poule.

Le Ghana six fois demi-finaliste successivement entre 2010 et 2017, quatre fois vainqueur de la CAN, quart de finaliste de la coupe du monde en 2010, les Blacks Stars semblent mal négocier une fin de cycle. Les « brésiliens d’Afrique » ont perdu de leur superbe. Ils ont courbé honteusement l’échine face au Maroc et surtout aux Comores.

Les Eléphants revanchards, le Maroc et le Mali font le job.

Ayant totalisé chacun 07 points et terminé 1er de leur groupe respectif, la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Mali n’ont pas déçu. Ces trois équipes favorites ont tenu leur rang.
Les éléphants battus en quart de finale de l’édition précédente par les Fennecs de l’Algérie ont tenu à prendre leur revanche deux ans plus tard. Et c’est de fort belle manière que les pachydermes écrasent les petits carnassiers du désert en leur interdisant par la même occasion l’accès à la phase d’élimination directe.
Les Lions de l’Atlas sans rugir, ont fait le job. Le Maroc dispose successivement du Ghana et des Comores avant d’être neutralisé par le Gabon.
Les Aigles maliens en pleine ascension, ont marqué les esprits en battant la Tunisie, en disposant sans gêne de la Mauritanie et en concevant le nul face la Gambie.

Gambie, Comores et Cap-Vert : de valeureux petits poucets !

Les bookmakers ne vendraient pas chère leur peau même si l’on s’accorde à dire qu’il n’y a plus de petites équipes.
Les Scorpions gambiens ont piqué l’aigle tunisien (1#0), la Mauritanie (1#0) et ont neutralisé les assauts de l’aigle malien (1#1). Ils terminent 2e du groupe F avec 7 points derrière le Mali à la différence de but.
Les Requins bleus de l’archipel capverdien ont été stoïques. Ils se qualifient comme meilleurs 3e de la poule A avec 4 points en battant l’Ethiopie (1#0) et en tenant en échec le Cameroun, pays hôte (1#1).

Les Cœlacanthes (poissons fossiles) du Comores ont fait forte sensation avec un scénario digne d’un film hollywoodien. En effet, après avoir perdu leurs deux premiers matchs, les Comores : 0 point avec un goal différentiel -3, étaient presque éliminés. Dans leur 3e match, ils s’offrent le scalp des Black Stars du Ghana (3#2) et éteignent l’étoile déjà assombrie d’une ancienne gloire qui peine à assurer sa transition. C’est la qualification historique aux huitièmes de finale d’une équipe qui fait sa 1ère apparition à la CAN et classée 132ème nation de football par la FIFA.

L’Egypte, le Gabon et le Sénégal toujours en vie

Battus au premier match, les Pharaons égyptiens parviennent à se qualifier tout de même sans briller à l’image de leur star Mohamed Salah. Redoutablement efficaces devant les buts, et ayant souvent une défense très solide, ils n’ont pas encore dit leur dernier mot.
Le Gabon a fait beaucoup parler de lui hors du terrain. Des problèmes engendrés par le choix de l’hôtel, aux situations rocambolesques de leurs deux stars Aubameyang et Lemina qui quitteront le Cameroun sans jouer la moindre minute de jeu, on aurait pensé que les Panthères seraient affectées. Néanmoins, elles ont bien négocié les matchs de leur groupe et finissent avec 5 points.
Le Sénégal récent finaliste malheureux en 2019 après la finale perdue en 2002, cherche toujours le sacre continental. Il finit premier du groupe B sans convaincre. Deux matchs nuls ternes sans but face à la Guinée et au Malawi et une victoire insipide face au Zimbabwe sur un penalty dans les arrêts de jeu. Sadio Mané, Gana Gueye et Bouna Sarr pour ne citer que ceux-là, ont encore du plomb dans les ailes.

Le Burkina-Faso, un outsider à sa place

Finalistes malheureux en 2013, les Etalons sont désormais une puissance intermédiaire du cuir rond en Afrique. Les coéquipiers de Bertrand Kaboré accrochent la deuxième place du groupe A avec un bilan mitigé. Le nul face à l’Ethiopie apparait comme une contre-performance, cependant, il faudra se méfier de cette équipe qui est un grande habitué de la CAN.

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