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Encadrement des équipes nationales en Afrique: Les sorciers Blancs, un mythe simplement ?

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Encadrement des équipes nationales en Afrique: Les sorciers Blancs, un mythe simplement ?

Par Sabin LOUMEDJINON

Avant l’ultime rencontre de la Coupe d’Afrique des Nations prévue pour le 19 juillet prochain au Caire, il y a un constat qui n’échappe à personne : aucun entraineur expatrié n’est parvenu à se hisser en finale de la compétition.

Vendredi 19 juin prochain, au Caire, c’est un Africain qui sera à la tête de l’équipe qui gagnera le trophée continental. Le Sénégal devant affronter l’Algérie pour cette finale de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Et, à la tête des sélections de ces deux pays qualifiés de favoris de la compétition, se trouvent des coaches locaux : Aliou Cissé pour les Lions de la Téranga et Djamel Belmadi pour les Fennecs d’Algérie.
Sur les 24 équipes alignées au départ de la compétition, 13 avaient sur leurs bancs des entraineurs expatriés contre 11 entraineurs locaux. Mais à l’arrivée, aucun des sorciers Blancs n’a pointé son nez. C’est encore une fois la preuve du dynamisme du football africain qui peut, de nos jours, entamer une rupture progressive avec ce qui peut être appelé « le mythe des entraineurs expatriés ». Car le ballon est rond pour tous. Et Africains, et Européens et Sud-américains vont dans les mêmes écoles de formation pour obtenir leurs diplômes de technicien. Si les Africains arrivent à obtenir les moyens et disposant d’un environnement adapté à un travail professionnel, rien ne pourrait, a priori, les empêcher d’obtenir  des résultats conséquents.
Des Africains ont fait la pluie et le beau temps dans de grands championnats du monde en damant souvent le pion à leurs coéquipiers des autres continents. Pourquoi ne seront-ils pas capables de faire de même à la tête des sélections de leurs pays respectifs ? Même si être grand joueur n’est pas forcément synonyme de meilleur entraineur, nombreux sont ces nationaux qui ont tout de même donné la preuve  de leur compétence à la tête des sélections de leur pays.
Et même s’ils sont parfois négligés, leurs résultats parlent en leur faveur. Il est important de souligner que pratiquement la moitié des trophées de cette prestigieuse compétition (16 sur 32 maintenant avec l’édition 2019), ont été remportés par des coaches locaux.
Certains l’ont même fait à plusieurs reprises. C’est le cas du Ghanéen Kumi Gyami. Il est le premier Africain à avoir remporté trois fois le trophée (Can de 1963 au Ghana, 1965 en Tunisie et de 1982 en Libye).
Mieux que lui, l’Egyptien Hassan Shehata a réussi l’exploit qui restera à jamais gravé dans les mémoires, en décrochant le Graal trois fois successivement avec son pays, l’Égypte en 2006, 2008 et 2010.
Toujours dans ce registre, deux autres techniciens se sont distingués par leur sacre dans la compétition en tant que joueur d’abord puis sélectionneur.
L’Egyptien Mahmoud El-Gohary a gagné le trophée en 1957 en tant que joueur des Pharaons puis trois décennies plus tard, il offre le même trophée à son pays en étant sur le banc principal. C’est aussi le cas du Nigérian Stephen Keshi, qui remporte le titre en 1994 en tant que joueur puis en 2013 cette fois dans la posture de technicien.
L’interminable mouvement des entraineurs blancs à la tête des sélections africaines  est-il rentable ?
Les fédérations gagneraient à faire un peu plus confiance aux sélectionneurs africains en Coupe d’Afrique. Car, en réalité, ce sont des millions de nos francs qui vont chaque année en fumée sans qu’on n’ait  une suite dans l’encadrement des équipes africaines.
Mieux, c’est aujourd’hui une question de souveraineté. Les grandes nations européennes n’ont plus, de nos jours, des expatriés à la tête de leurs sélections nationales.
Qui mieux pourra maîtriser l’environnement socioculturel et les dessous d’une équipe  nationale qu’un entraîneur local ?