Accueil ACotonou Réformes sanitaires en débat sur Ask gouv: Benjamin Hounkpatin éclaire et annonce...

Réformes sanitaires en débat sur Ask gouv: Benjamin Hounkpatin éclaire et annonce des perspectives heureuses

22
0
PARTAGER
Réformes sanitaires en débat sur Ask gouv: Benjamin Hounkpatin éclaire et annonce des perspectives heureuses

Le ministre de la Santé était, jeudi 20 juin dernier, sur Ask gouv, la plateforme gouvernementale d’échanges avec les internautes béninois. A cette occasion, Benjamin
Hounkpatin a répondu à plusieurs questions qui lui ont été posées. Lesquelles ont trait aux réformes en cours dans le secteur de la Santé et dont l’objectif à terme, est d’offrir des soins de qualité et à coût réduit aux populations.

Toutes les préoccupations soulevées par les internautes béninois, jeudi dernier sur Ask gouv, ont rapport aux réformes en cours dans le secteur de la Santé. Taux des indemnités de garde, d’astreinte et heures supplémentaires ; actualisation du plan de formation des agents de santé ; construction d’infrastructures sanitaires, bilan des affermages, le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), la question des évacuations sanitaires, l’exercice en clientèle privée, la césarienne. Bref, l’invité du jour, Benjamin Hounkpatin, a été envahi de questions assez pertinentes pour son baptême du feu sur la plateforme Ask gouv. Mais, point par point, le ministre de la Santé publique a éclairé, rassuré et convaincu les férus du web en apportant des réponses claires et limpides à leurs différentes interrogations.
La majorité des questions des internautes au cours de ce rendez-vous sur la toile, ont rapport avec l’exercice en clientèle privée. Et comme l’on pouvait s’y attendre, Benjamin Hounkpatin n’est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer son amertume et celle du gouvernement en particulier. « Vous ne pouvez pas imager qu’une femme aille accoucher dans une structure tenue par quelqu’un qui n’a aucune qualification et qui s’habille en rose. La femme finit d’accoucher, commence par saigner et cet agent qui se dit sage-femme, prend des plantes non nettoyées, lui bourre l’utérus avec. Et le saignement continue jusqu’à ce que, en désespoir de cause, les parents de la femme emmènent leur fille dans un hôpital de référence. Et l’on a beau tout faire…Une transfusion de 10, 20 poches de sang, malheureusement elle décède laissant dernière elle des orphelins parce que, à un moment donné, nous n’avons pas pris suffisamment la mesure des responsabilités qui nous incombent en laissant ces structures opérer en toute illégalité ». C’est par cette histoire tragique que le ministre de la Santé, l'air triste et malheureux, aborde la problématique liée à l’exercice en clientèle privée, qui n’est d’ailleurs pas le premier point sur lequel il s’est exprimé lors de son passage sur Ask gouv.

«Le gouvernement de la Rupture, dit-il, a pris la mesure des choses et nous avons déclaré une guerre implacable contre ces structures illégales parce qu’il n’est pas admissible que nos compatriotes perdent la vie alors qu’à côté, il y a des structures de l’Etat ou des structures privées légales qui peuvent offrir des soins de qualité ». Et cette lutte est désormais menée au quotidien, à en croire le ministre car, malgré les fermetures qui ont eu lieu récemment, ces structures illégales poussent encore comme des champignons. «Il y a à peine 72 heures, on a démantelé un réseau où quelqu’un officiait dans une chambre à coucher», informe Benjamin Hounkpatin. Il précise par ailleurs que ses collaborateurs des zones sanitaires et des départements, avec l’appui des forces de l’ordre, font une veille au quotidien pour décourager les individus qui s’adonnent à ce genre de pratique.

« Nous allons traquer sans relâche ces donneurs de mort… », a-t-il martelé. « Tous ceux qui s’habillent en rose ne sont pas forcément des agents de santé qualifiés. Tous ceux qui s’habillent en blanc, ne sont pas forcément un personnel de santé qualifié», avertit le ministre de la Santé. Pour mieux résoudre cette question liée à l’exercice illégal en clientèle privée, le gouvernement a mis le compteur des autorisations d’exercice et d’ouverture de cabinet à zéro. Une réattribution desdites autorisations a commencé suivant de nouvelles règles et à un rythme assidu. Et à ce jour, le ministère de la Santé a déjà attribué 3000 autorisations d’exercice et 500 autorisations d’ouverture de cabinet. L’autorité ministérielle profitera de l’occasion pour expliquer le processus d’attribution des autorisations. Plus loin, il rappelle au sujet des autorisations d’ouverture que les textes en vigueur ne permettent pas à des investisseurs de venir ériger des structures privées de santé au Bénin. Seuls des spécialistes de la santé reconnus peuvent le faire. Toutefois, le gouvernement de la Rupture pourrait étudier la question de la révision desdits textes, et, peut-être, inclura de nouvelles dispositions permettant aux investisseurs de contribuer au renforcement du système sanitaire béninois.
Un autre point évoqué au cours du Ask gouv a trait au mécontentement né dans le rang des paramédicaux suite à la fixation des taux des indemnités de garde, d’astreinte et d’heures supplémentaires dans les hôpitaux publics du Bénin. C’est d’ailleurs la toute première patate chaude que le ministre a refroidie. En effet, les paramédicaux s’estiment lésés par le récent décret qui fixe les taux des indemnités de garde, d’astreinte et d’heures supplémentaires dans les hôpitaux publics. Mais le ministre de la Santé a su trouver les mots justes pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette réforme. A l’en croire, lorsque quatre ou cinq médecins sont de garde, 25 voire 30 paramédicaux les assistent.

Pensez-vous « que les hôpitaux peuvent supporter cette charge si les taux de garde étaient élevés à des taux insupportables ? », lance Benjamin Hounkpatin. L’Etat béninois ne peut que fixer ces taux en fonction des ressources disponibles. Il explique qu’une simulation a été faite avec tous les acteurs impliqués pour voir ce qui est supportable par les hôpitaux et ce que le budget national peut prendre en charge. « C’est vraiment en tenant compte de tous ces paramètres que les taux ont été fixés. Il n’y a aucune idée de la clochardisation de la profession paramédicale », rassure-t-il. D’après lui, le gouvernement a «pris la mesure des choses avant d’acter la décision ».

Et mieux, il s’agit d’une mesure consensuelle; prise de commun accord avec les partenaires sociaux du secteur de la santé.
Concernant l’actualisation du plan de formation des agents de santé, un internaute estime que seuls ceux qui ont « le bras long (des connaissances au sein du système) » arrivent à décrocher des opportunités de formation. Mais en réponse à cela, le ministre de la Santé a expliqué que la dynamique actuelle du gouvernement ne laisse aucune chance à la compromission et à la fraude. Il s’agit donc d’un système transparent, informe-t-il. « Le processus est certes en retard, mais cela peut s’expliquer puisque d’autres problèmes sont en train d’être réglés afin que le nouveau plan de formation, une fois lancé, profite à tous… », fait-il savoir.

Césarienne, Arch et évacuation sanitaire

Qu’en est-il de la césarienne? Benjamin Hounkpatin a été également interpellé sur cette question, notamment les réformes opérées par le gouvernement Talon. D’abord, certaines personnes parlent de « gratuité de la césarienne » mais pour le ministre, elle n’en est pas une. « La césarienne n’est pas gratuite mais subventionnée en ce sens qu’il y a un montant qui est dédié pour appuyer les hôpitaux qui sont éligibles afin de leur permettre d’amortir les coûts liés à cette opération», souligne le ministre. Et bien évidemment, la césarienne subventionnée est toujours en vigueur au Bénin et, elle est fixée à 100 000 francs Cfa par opération. Plusieurs autres éclaircissements ont été apportés par le ministre, toujours au sujet de la césarienne, notamment les mesures prises depuis un an pour assurer un minimum de transparence dans le processus de facturation.
Parlant du projet Arch proprement dit, le ministre Hounkpatin a fait savoir que les choses évoluent très bien. Il rappelle que des études ont été menées et les zones pilotes ont été identifiées. D’après ses explications, lesdites zones ont été mises aux normes, les produits pharmaceutiques ont été rendus disponibles, la formation des agents de santé par rapport au mécanisme qui sera déroulé lors de cette phase pilote, a déjà eu lieu dans certaines zones. Et, dans les tout prochains jours, après l’identification réelle des bénéficiaires, « nous allons commencer par distribuer les cartes et si tout va bien, le mois de juillet 2019, nous allons lancer cette phase pilote du projet qui va impacter positivement la santé de nos populations », annonce
Benjamin Hounkpatin, tout souriant. Le projet, rappelle-t-il, concerne surtout les pauvres et extrêmes pauvres qui n’ont pas les moyens de couvrir leurs besoins en cas de problèmes de santé.
Et les problèmes de santé, souvent difficiles à résoudre au Bénin, amènent l’Etat béninois à autoriser les évacuations sanitaires. Sur cette problématique, l’autorité ministérielle fait le point des réformes opérées et rappelle la nouvelle règle de prise en charge.

« La réforme était nécessaire parce que l’Etat dépensait des milliards pour ça. La question fondamentale, c’était de savoir qui on évacuait. On évacuait des patients atteints de cancer avec des métastases. On évacuait des patients pour des affections qu’on pouvait guérir au Bénin. On évacuait des gens qui partaient et meurent deux jours après…». Pour le ministre de la Santé, il était temps d’arrêter la saignée car, l’argent gaspillé peut servir à prendre en charge les enfants qui meurent du paludisme parce que, simplement, leurs parents ne disposent pas de 8500 francs Cfa pour acheter des produits indispensables à leurs soins.

Mais depuis l’avènement du gouvernement de la Rupture, une seule structure s’occupe de la question des évacuations sanitaires, et l’assainissement fait est une réussite, assure-t-il. Au passage, le ministre explique qu’il n’y a pas de ‘’deux poids deux mesures’’ dans le traitement des dossiers. Le Conseil national de santé se réunit tous les derniers vendredis de chaque mois, sous sa présidence effective, et tous les dossiers sont étudiés, décortiqués dans un débat scientifique. « Ceux qui peuvent en bénéficier, en bénéficient, et les autres sont rejetés sans état d’âme », si leur mal peut être guéri au Bénin, souligne
Benjamin Hounkpatin. Il est à noter que plusieurs autres points d'ombre liés aux réformes dans le secteur ont été éclairés par le ministre de la Santé.