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Bénin : Quand syndicalisme rime avec capharnaüm

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Bénin : Quand syndicalisme rime avec capharnaüm

 

Si le syndicalisme était un filon, le Bénin s’en serait enrichi, sans aucun doute. Il suffit de scruter le paysage syndical, rien que dans le secteur de l’Education, en grève (paradoxale) plus ou moins actuellement, pour se convaincre non pas de cette potentielle richesse, mais de la manie bordélique qu’elle recèle.

 

Dans le Supérieur, se côtoient le Syndicat national des enseignants et chercheurs de l’Université nationale de l’Agriculture (SYNEC/UNA), le Syndicat national des enseignants-chercheurs et chercheurs du Bénin (ISE-UNB), l’Intersyndicale des enseignants des Universités nationales du Bénin (ISE-UNB), le Syndicat des enseignants et chercheurs de l’Université de Parakou (SECUP), le Syndicat national de l’Enseignement supérieur (SNES), etc.

Dans les autres ordres de l’Enseignement, au gré des récentes grèves, perlées, on a pu dénombrer dans cette flore à moins qu’il ne s’agisse d’une faune, outre les centrales et confédérations syndicales, l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (IMP), la Fédération des syndicats de l’Education (FESED), le Collectif des syndicats de la maternelle, du primaire et du secondaire, la Fédération des syndicats de l’Education nationale, le Syndicat national des enseignants temporaires du Bénin (SYNEVES), le Collectif des syndicats des enseignants vacataires du Bénin, Et il en restera…Ouf !

Mais enfin, pourquoi cette pléthore de syndicats ?

 

Trop c’est trop !  

Les enseignants, syndiqués de tous ordres, souffrent manifestement de ‘’syndicatilite’’, une maladie contagieuse dans leurs rangs. La multiplication des chapelles syndicales assure-t-elle pour autant la qualité de l’action syndicale ? Il faut en douter. D’où l’embrouillamini auquel on assiste au Bénin, faute d’une représentativité tranchée à laquelle devra répondre les élections professionnelles !

Autant le dire, ce phénomène ne sert ni les puissances publiques, ni les syndiqués eux-mêmes. Car, la multiplication des organisations syndicales, loin de militer pour la clarté, implique plutôt que celles-ci sont divisées, y compris sur les plateformes revendicatives, les causes à défendre. Ce qui ne peut qu’affaiblir le message syndical. On s’en rend compte avec les faits récents, notamment ceux relatifs à la levée de la motion de grève. Alors que certains mouvements syndicaux appellent à la reprise, d’autres affichent leur détermination a contrario de cette dynamique. De sorte que la même cible, les enseignants en l’occurrence, est actuellement divisée quant à la perspective dans laquelle elle doit s’inscrire : reprendre ou ne pas reprendre les classes ? La cacophonie aura atteint son paroxysme suite au dégel entériné par trois centrales syndicales, et pas des moindres, dont on entend dire qu’elles ne seraient pas représentatives, qu’elles ne détiennent pas la clé de voûte et que du reste, seul ledit Front des trois ordres (encore un !) de l’Enseignement serait habilité à lever la motion de grève en ce qui concerne les enseignants.

  

Le nombre de syndicats ne fait pas la qualité du dialogue social. Perdant de vue cette évidence, dans ce fatras où ils grenouillent, ces groupuscules du même secteur se neutralisent, chacun sa chapelle syndicale au nom du nombrilisme imbécile bien béninois. Aussi, l'unité syndicale a-t-elle du mal à se faire. Ce phénomène aujourd'hui porté à son extrême, n’est pas sans préjudice pour le dialogue social censé résoudre les nombreux problèmes mis sur table, à savoir amener à des accords sur les revendications des travailleurs eux-mêmes. Piteux !