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Mono-Couffo / La musique folklorique, l’affaire des dames

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Mono-Couffo / La musique folklorique, l’affaire des dames

On connaissait des associations de femmes mobilisées, autour des intérêts économiques, un peu partout dans les communes du Mono et du Couffo. Ce qui manque de visibilité, ce sont ces groupements féminins qui font de l’objet de leur creuset,  la musique folklorique. Leurs acteurs sont, eux-aussi, en fête ce jour.

 Dans l’aire culturelle Sahouè comme chez les Adja, en passant par les Kotafon, les initiatives de groupes folkloriques se multiplient. Ces groupes constitués exclusivement de dames se distinguent par leur maîtrise des instruments. Voir des dames aux manettes des tams-tams d’environ 2 mètres de long, avec autant de virilité que les hommes, est l’un des charmes liés aux prestations musicales des groupements féminins.

A Houéyogbé, « Wasinmi Vanavo » est une célébrité. La présence du groupe composé d’environ 120 âmes, selon sa présidente Honorine Vecé, avait rehaussé la cérémonie d’entrée en fonction du maire de la commune. Dans le Couffo, du moins à Dogbo, l’absence des dames spécialisées dans le rythme atchinouhoun enlève un peu à la beauté des cérémonies. « Un beau-fils doit nécessairement faire jouer atchinouhoun à la cérémonie d’enterrement des parents défunts de sa bien-aimée », atteste le contrôleur de commerce Raymond Sodokin, natif du Couffo, selon qui, dans le cas contraire, le beau-fils est vu comme un incapable. Atchinouhoun est devenu, en milieu Adja, un rite des grands moments et contribue à la consolidation du statut social.

La dernière initiative de groupement féminin donnant dans la musique traditionnelle, à Lokossa, est placée sous la direction d’une dame communément appelée « maman Serge ». Le groupe est dénommé « Nonvignon ». Il pratique Atchanhoun dont les sonorités et les pas de danse passent d’un rythme à un autre, à la demande de celui qui entre dans le cercle de danse. Ce dernier fait déclencher le rythme de son choix à partir des onomatopées qui résonnent comme un code. « Quatre tams-tams de différentes tailles et d’autres instruments comme des castagnettes auréolées de perles sont nécessaires pour pratiquer Atchanhoun », renseigne Yolande Gbéton, secrétaire général du groupe Nonvignon.

Au nom de la passion

Tout comme Nonvignon, la plupart des groupes se consacrent exclusivement à leur passion, la musique en adoptant un rythme traditionnel de leur milieu. Des répétitions et déplacements occupent leur agenda. Chaque dame développe, à son niveau, l’activité économique de son choix et se doit de contribuer financièrement à l’autofinancement du groupe. Yolande Gbéton informe que les cotisations au sein de Nonvignon, dont les prestations se déroulent surtout en mina, servent à équiper le groupe et à soutenir les membres se trouvant dans le besoin. A Lokossa comme à Ahouéyogbé, des responsables confirment que l’idée de leur regroupement est partie du besoin de se soutenir, « d’avoir ses amis à ses côtés dans des moments de joie ou de tristesse ». Comme quoi, « L’écoute et la compréhension de l’autre est un premier pas vers la solidarité », écrit le Français, Didier Court.

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