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Constance Kpamègan, directrice adjointe du Camp de l’enfant citoyen: « Compter sur les enfants pour mieux protéger l’environnement »

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Constance Kpamègan, directrice adjointe du Camp de l’enfant citoyen: « Compter sur les enfants pour mieux protéger l’environnement »

Constance Kpamègan, directrice adjointe du Camp de l’enfant citoyen, un cercle de réflexions et d’actions citoyennes qui participe à la sensibilisation des enfants âgés de 10 à 15 ans sur le respect et la protection de l’environnement, à travers l’organisation annuelle d’un camp. L’édition de l’année dernière organisée à Savalou a permis de sélectionner trois enfants qui ont représenté le Bénin à la Cop22.

La Nation : Pourquoi votre sensibilisation cible plus les enfants ?

Constance Kpamègan : Nous faisons des activités au profit des adultes aussi. Mais nous voulons outiller les enfants d’aujourd’hui afin de faire d’eux des citoyens modèles de demain. Le but principal est de leur inculquer des valeurs qui deviendront pour eux des principes de base. Nous nous sommes dit qu’aujourd’hui il va être difficile de nous mettre à formater les adultes et à leur imposer des choses parce qu’ils ont déjà leur façon de fonctionner. C’est difficile de refaire l’éducation des adultes contrairement aux enfants. Nous pensons que si nous devons construire une meilleure société pour l’arvenir, il faut agir sur l’éducation des enfants. Lorsque vous voyez dans les rues les gens qui n’ont pas de gêne à jeter des choses à même le sol alors que ce sont des personnes adultes, cela peut choquer. Ces enfants là que nous formons aujourd’hui ont déjà un regard critique sur ces comportements. Quand ils vont grandir, ils seront beaucoup plus responsables. C’est pourquoi nous préférons travailler avec les enfants. Et je réalise que les petits enfants me comprennent mieux chaque fois. Il faut donc compter sur eux pour une meilleure protection de l’environnement dans le futur.

Quelles actions concrètes menez-vous pour atteindre le plus grand nombre d’enfants ?

Nous faisons beaucoup de choses. Nous organisons chaque année un camp qui réunit plusieurs enfants avec qui nous travaillons. C’est parmi ces enfants que nous avons sélectionné les meilleurs pour représenter le Bénin à la Cop22. Cette année, nous serons à Grand-Popo du 3 au 20 août prochain pour l’organisation du camp. Le thème retenu est : « Les enfants citoyens pour une planète propre ». A ce rendez-vous, on va apprendre aux enfants les bonnes manières, les bons réflexes à avoir pour que notre cadre de vie reste propre. Après le camp, les participants s’organisent pour aller sensibiliser leurs camarades qui n’ont pas eu la chance d’y participer. C’est le cas de Grâce Satoguina qui, de retour de la Cop22, a déjà animé une conférence sur l’environnement dans son école pour porter le message aux autres camarades et à d’autres adultes. Ainsi, ces enfants deviennent nos ambassadeurs dans leurs familles respectives, dans la rue et dans la société en général.

Quel est votre regard sur l’attitude des Béninois vis-à-vis de l’environnement ?

J’ai eu la chance de partir du Bénin et de voir comment les autres respectent l’environnement. Les Béninois peuvent convenir avec moi que nous ne sommes pas sensibles à la chose commune. Nous avons tous tendances à considérer les biens publics comme appartenant à l’Etat et dont l’entretien ne nous concerne pas. L’Etat, c’est nous tous. Si tu rends propre ta maison, et en sortant dans la rue, tu jettes quelque chose par terre en disant que ce n’est pas chez toi, tu te trompes. Il est important de comprendre qu’il faut une prise de conscience collective. Les autorités ont leurs responsabilités. Nous avons aussi les nôtres en tant que citoyens pour protéger la chose publique, notre environnement. Les mairies peuvent installer des poubelles, ce qui n’est pas forcément le cas pour le moment. Le citoyen doit faire l’effort de déposer les déchets dans les poubelles plutôt que de les jeter dans la rue. Je sais que nous ne sommes pas toujours sensibles à la protection de notre environnement. Il n’y a pas beaucoup de sensibilisations non plus qui se font pour montrer aux populations les conséquences du tort que nous faisons à l’environnement aujourd’hui.

Et pourtant au Bénin, les textes existent…

L’expérience a prouvé que les sociétés dans lesquelles on impose des amendes pour un certain nombre de choses, il y a du respect. Si vous prenez par exemple la Suisse, pour rien, vous pouvez payer une amende. J’étais dans ce pays, la dernière fois, et je me suis rendu compte qu’ils sont trop avancés en matière de propreté. Dans ce pays, tu es pénalisé pour tout ; même quand tu ne fais pas le tri des ordures tu es amendé. Peut-être que la stratégie d’amende peut amener nos populations à prendre conscience des dangers que nous courons en nous moquant de l’environnement. Aussi, faut-il que chaque citoyen qui a compris la nécessité de respecter l’environnement sensibilise régulièrement les autres. C’est ce que je fais au quotidien sans pour autant paraître comme une donneuse de leçons. C’est un combat de tout le monde pour parvenir au résultat. Je le fais avec politesse et courtoisie. J’explique aux gens l’importance de déposer les déchets dans les poubelles.