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Oswald Homeky, ministre des Sports: « Avec le soutien de l’Etat, on peut faire des exploits »

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Le ministre des Sports s’est livré à cœur ouvert à votre journal. Dans cette interview qu’il a bien voulue nous accorder, Oswald Homéky parle des prestations des Béninois aux quatrièmes Jeux de la solidarité islamique qui se sont déroulés du 12 au 22 mai à Bakou (Azerbaïdjan). Il revient sur son élection à la tête de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des sports des Etats et gouvernements membres de la Francophonie (Confejes) et évoque la crise du football béninois.

La Nation : Lors des quatrièmes Jeux de la solidarité islamique, le Bénin a pu décrocher deux médailles historiques. Quelles sont vos impressions ?

Ce qui nous arrive est fantastique. Je suis très heureux pour le sport béninois, je suis très heureux pour l’athlétisme béninois et très heureux pour ces deux athlètes qui, souvenez-vous, sont parmi les quatre bénéficiaires du programme de bourses sportives que nous avons initié. Je suis heureux d’autant plus que, quand j’avais annoncé que Noëlie Yarigo et Odile Ahouanwanou allaient bénéficier de ces bourses que le ministère des Sports a lancées à partir de cette saison sportive, il y avait eu des critiques. Des personnes ont estimé que ces deux ne méritaient pas forcément ; d’autres ont fait savoir qu’il y avait mieux. Alors que notre politique au ministère des Sports est une politique équitable, une politique de justice, de promotion des talents qui le méritent. Je suis très content pour mon pays parce que pour la première fois, le drapeau du Bénin a été hissé et l’hymne national du Bénin a été chanté. C’est la première fois que ça arrive dans l’histoire des olympiades. Les Jeux islamiques de Bakou peuvent paraître pour certains comme n’étant pas d’envergure, mais je veux rappeler à l’attention de ceux qui ne le savent pas que les Jeux de la solidarité islamique, c’est au total 22 disciplines retenues qui ont drainé plus de 4000 athlètes issus des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) et près de 300 médailles pour les vainqueurs. Donc, ce ne sont pas les pays islamiques seuls qui y étaient, mais également les pays laïcs comme le Bénin. Pour moi, ces Jeux ont pratiquement la même importance que les Jeux olympiques, car les athlètes qui animent cette compétition sont les mêmes que ceux qui se qualifient pour les Jeux olympiques. J’avais dit que mon mandat serait celui de la révélation du Bénin par le sport et je suis fier que cela ait commencé par Noëlie Yarigo et Odile Ahouanwanou. Je voudrais leur dire félicitations et demander aux Béninois de célébrer ces victoires.

Samuel Eto’o avait fait une promesse…
Oui, j’ai informé Samuel Eto’o de ce double exploit de ses protégés à qui il a promis des enveloppes financières en cas de sacre, lors du Gala des champions organisé par le ministère des Sports, le 25 mars dernier. Il est content de leurs performances et a promis d’honorer son engagement dans les meilleurs délais. Il n’y a pas de doute sur ça. Samuel Eto’o est désormais un partenaire du sport béninois.

Parlant du gala des champions, il y avait justement quelques grincements de dents dans le rang des lauréats. Qu’en dites-vous ?

Je comprends leur impatience, mais il faut respecter les procédures et à ce jour c’est fait. Tous les lauréats ont perçu ce qui leur revenait. Il n’y a pas de moindre doute là-dessus et je ne veux pas m’attarder sur les critiques. Pour moi, c’est déjà bien que pour la première fois, on organise de façon structurée une soirée de récompense où les sportifs obtiennent l’essentiel de ce qui est investi. Il y a eu des événements par le passé où le budget de l’organisation dépassait de loin ce que les sportifs recevaient. Je rappelle que le gala des champions, c’est au total 86 médaillés toutes disciplines confondues à travers 15 fédérations sportives et 4 boursiers qui ont reçu chacun 5 millions de F Cfa. Deux d’entre eux viennent de confirmer qu’avec le soutien de l’Etat on peut faire des exploits. J’ai encore en mémoire les propos de Noëlie Yarigo et Odile Ahouanwanou qui disaient qu’elles sont heureuses que l’Etat reconnaisse leurs mérites et qu’elles promettent de remporter des victoires.

Vous avez été plébiscité à la tête de la Confejes, il y a quelques semaines, par vos pairs. Vos impressions et vos défis ?

Ce 20 avril 2017, j’ai été heureux pour mon pays d’abord, pour moi-même ensuite et pour ma génération enfin, que mes collègues des 43 pays membres de la Confejes m’aient fait confiance. Mais ce qui compte pour moi aujourd’hui, ce n’est pas le titre que je porte, mais le contenu de ma mission. En termes de mission, j’ai été clair que mon mandat qui est de deux ans, sera un mandat de dynamisation de la Confejes. C’est important que cette institution qui a été créée depuis 1969, qui est la faitière des faitières, qui est le haut niveau de discussion, d’orientation et de prise de décisions en matière de jeunesse et de sport dans l’espace francophone, puisse apporter de véritables solutions aux besoins de la jeunesse francophone. Depuis mon élection, nous avons enclenché un certain nombre de réformes. Dans ce cadre, je vais effectuer une visite au siège de l’institution dans quelques jours à Dakar pour, dans un premier temps remercier les autorités sénégalaises qui ont offert un siège à la Confejes et profiter pour lancer la feuille de route de ce nouveau mandat. Ma vision est qu’au terme de ma présidence, quand il sera temps de passer la main en 2019, le Bénin puisse dire avec fierté que son jeune ministre des Sports a conduit une présidence exemplaire et que les performances ont été à la hauteur des attentes de la communauté francophone, voire au-delàs.

Le démarrage du championnat est annoncé pour le 8 juillet. Peut-on dire que la crise du football est conjuguée au passé ?

J’avais déjà dit que pour moi la crise au sein de la Fédération béninoise de football (Fbf) est conjuguée au passé. Je veux une fois encore féliciter les acteurs, remercier tous ceux qui se sont impliqués de près ou de loin dans la résolution de cette crise qui a assez duré et rendre un hommage mérité au chef de l’Etat et à tous mes collègues du Gouvernement. Depuis l’éclatement de cette crise en décembre 2010, je peux affirmer sans risque de me tromper que c’est pour la première fois que les acteurs de toutes les tendances sont réunis au sein d‘un même comité pour parler du développement du football. Nous sommes habitués à avoir des coalitions : deux camps contre un. Aujourd’hui, tous les camps se parlent et se sont entendus pour lancer le 8 juillet prochain les championnats nationaux de football. Je suis fier de voir le président Anjorin Moucharafou, Augustin Ahouanvoébla, Athanase Bocco, Victorien Attolou, Francis Gbian et les frères Didavi ensemble avec le partenaire désigné pour penser à l’avenir de la jeunesse béninoise. Pour moi, le lancement du championnat est la matérialisation de la fin de la crise. Le ministère des Sports va jouer sa partition pour que la dynamique imprimée par les acteurs eux-mêmes soit pérennisée.

Le 11 juin 2017, la sélection nationale entame les éliminatoires pour la Can Cameroun 2019. Tous les détails sont-ils réglés ?

Sans risque de me tromper je peux dire que le ministère des Sports est prêt pour le combat. Au sujet de la situation du sélectionneur national Oumar Tchomogo, nous nous sommes parlé et nous allons trouver une solution. J’ai des rapports directs avec lui comme avec l’ensemble de l’encadrement technique et des joueurs de l’équipe nationale. Je veux rappeler que quand je suis devenu ministre, Oumar Tchomogo était sans salaire pendant très longtemps et que malgré ses performances de l’époque, l’Etat ne l’avait pas payé. C’est bien moi, à travers ce Gouvernement qui me suis débrouillé pour trouver des ressources pour lui payer ses arriérés. Vous comprenez donc que je n’ai pas de raison de dire qu’il ne sera pas payé. Le virement de son salaire a été suspendu pour régler un problème juridique majeur lié à son contrat et c’est à son avantage. Je ne suis pas contre le fait qu’Oumar Tchomogo continue d’entraîner notre équipe nationale. Je souhaite que nous continuions de travailler dans la convivialité et que l’entraîneur soit dans les meilleures conditions pour accompagner l’équipe. En ce qui concerne les primes des joueurs, c’est nous-mêmes qui avons souhaité qu’elles soient améliorées et ce sera le cas. Je rassure donc tous les Béninois qu’il n’y aura pas de grève des joueurs, ni de syndicalisme au sein des Ecureuils. Nous allons aborder les éliminatoires dans la convivialité.

Votre conclusion

En un an, beaucoup de choses ont été faites même si nous avons manqué de communiquer autour. Je ferai le point des réalisations et je tiendrai désormais de façon périodique un point de presse pour partager avec l’opinion tout ce qui est fait. Quand on veut construire quelque chose de durable, il faut prendre le temps de se préparer et de bien s’organiser. Je veux être jugé sur la base de mes résultats à l’heure du bilan. Ce qui est certain, c’est que je ne trahirai pas la confiance de mes compatriotes?

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